Allaiter son enfant peut se révéler une aventure incroyable !
Mais, comme toute aventure, on ne sait jamais bien à l’avance si elle va laisser des souvenirs forts ou si, au contraire, on va rencontrer des difficultés sur la route.
Quoiqu’il en soit, une aventure, ça se prépare.
Avoir les bonnes informations en amont
Dans le milieu des professionnels de l’allaitement, nous faisons régulièrement le constat qu’il n’existe pas, à proprement parler, de séance de préparation à l’allaitement dans le parcours de préparation à la naissance.
L’allaitement est certes évoqué dans les cours de préparation à l’accouchement mais souvent de manière succincte, laissant les futures mères avec de très nombreuses questions. Il arrive aussi que l’son donne de grandes lignes directrices qui ne seront ni adaptées ni personnalisées en fonction de chaque dyade mère-enfant.
Si l’allaitement est naturel, dans le sens où c’est une fonction physiologique, il n’est pas inné (après plusieurs générations de culture non-favorables à l’allaitement, il ne l’est plus, pour être précise…).
On entend souvent : « ton corps sait faire ! » et pourtant, combien d’allaitements peinent à se mettre en place ou virent rapidement au cauchemar ?
Même s’il est vrai que le corps sait faire et qu’il faut lui faire confiance, encore faut-il bien comprendre comment cette formidable capacité à fabriquer du lait maternel fonctionne.
D’où l’importance d’avoir les bonnes informations en amont !
Anticiper et préparer son allaitement permet d’éviter de nombreux écueils
Depuis plus de 13 ans, j’accompagne des femmes qui ont fait le choix d’allaiter leur bébé et mon expérience m’a prouvé maintes fois que les femmes qui s’étaient beaucoup renseignées sur la question ou avaient suivi une préparation spécifique avaient mieux géré la mise en place et le bon déroulement de leur allaitement.
Je constate aussi que, dans la grande majorité des cas, les problèmes pour lesquels les mamans me consultent en postnatal auraient pu être évités avec une préparation adéquate.
Les cas les plus classiques étant :
- Des crevasses importantes
- Une mauvaise prise de poids du nourrisson
- Un volume de lait produit insuffisant
- Des tétées trop espacées
- La fausse croyance que le colostrum (voir mon article sur ce liquide incroyable produit par les seins avant la montée de lait !)
C’est pourquoi, à force d’intervenir en urgence et de constater que les difficultés rencontrées par les mamans auraient pu être évitées, j’ai trouvé judicieux de proposer un atelier de préparation à l’allaitement.
Un atelier de préparation à l’allaitement, ça consiste en quoi ?
Il s’agit d’un entretien d’1h30, en présentiel ou en visio, et il est intéressant de le programmer pendant le 8ème mois de grossesse, afin que le contenu soit encore en mémoire au moment de la naissance.
De très nombreuses notions y sont abordées et la maman peut poser les questions qui la taraudent, ou faire part de ses inquiétudes.
Nous aurons l’occasion d’évoquer :
- la mise en place de la lactation
- le bien-fondé de proposer le sein très souvent tant pour les besoins du bébé que pour s’assurer d’un volume de lait produit en quantité suffisante
- l’importance d’une installation confortable pour la maman
- la nécessité d’une bonne prise du sein par le bébé
- le colostrum des premiers jours
- la montée de lait et comment y faire face
- les bénéfices d’un soutien fort de l’entourage
Et nous pourrons aussi tordre le cou aux nombreuses idées reçues et fausses croyances autour de l’allaitement, telles que :
- un bébé qui dort beaucoup est un bébé qui est suffisamment nourri
- pour produire du lait, rien de vaut de boire 1l de bière et consommer 1kg d’amandes
- pour avoir du lait, il faut manger des produits laitiers à volontiers
- mon lait n’est pas nourrissant
- à partir d’un certain âge, le lait maternel n’a plus aucun intérêt nutritionnel
Quand l’accompagnement en maternité est en souffrance
En dehors de cette notion d’informations transmises, une autre notion m’est chère :
Donner des clés aux mamans et leur permettre d’être actrice de la mise en place de leur allaitement.
Même si les exceptions existent, de trop nombreuses maternités peinent encore, par manque de temps et parfois de formations actualisées, ou parce qu’elles souffrent d’une pénurie de personnel, à accompagner correctement les démarrages de l’allaitement.
Pour des questions de protocole ou encore économiques, les jeunes accouchées doivent sortir rapidement de l’hôpital. Ainsi, la réponse à un bébé qui tarde à prendre du poids sera souvent un biberon de Préparation Commerciale pour Nourrissons, plutôt qu’un temps dédié à analyser pourquoi cet allaitement ne semble pas satisfaisant.
Une autre des problématiques rencontrées par la maman qui vient d’accoucher est qu’elle reçoit des conseils contradictoires en fonction des changements de garde du personnel soignant de la maternité.
Les mamans sont perdues et ne savent plus quoi faire, n’osant pas écouter leur corps ou ce qu’elles ressentent comme étant la chose à faire avec leur bébé.
Chaque dyade maman-bébé est différente
S’il est vrai qu’il existe des consignes et règles à respecter pour qu’un allaitement se mette bien en place et continue de manière tranquille le temps qui conviendra à la maman, n’oublions pas que nous sommes dans l’humain et que les situations et conseils peuvent varier.
Telle mère peut préférer faire comme ci, et une autre comme ça. Idem avec un bébé qui sera mieux dans telle position et un autre bébé dans une autre.
Il me tient à cœur que la future maman, forte de toutes les informations reçues lors de sa préparation et de nos échanges, trouve sa façon d’être et sa façon de faire avec son bébé, en étant attentive à ce qui lui convient et à ce qu’elle sent.
Je terminerai par un texte qui résume bien ma pensée :
« Toute personne s’occupant de la mère lors de la mise au sein est toujours symbolisée comme celle qui sait et qui détient la vérité; dans ce moment la femme est dans une grande vulnérabilité, croit ne pas savoir, surtout si c’est le premier enfant. Pour nous, le bon accompagnement, c’est réussir à guider une mère vers son enfant, ou l’enfant vers sa mère, sans nous approprier la relation, d’être là sans faire à la place de l’autre. Le rôle du corps médical est d’initier la mère à sa maternité sans la lui ravir ni kidnapper son enfant, ce qui répond à une règle de base : l’allaitement à la demande. »
(Tiré du livre : Le bébé dans tous ses états, écrit par le professeur et obstétricien René Frydman et le médecin, psychiatre et psychanalyste Myriam Szejer)
Préparer son allaitement, c’est plonger dans les merveilles capacités du corps humain qui fait rarement défaut, si tant est qu’on comprend comment il fonctionne. C’est comprendre aussi les besoins, rythmes et compétences du bébé et s’y adapter.
Mais préparer son allaitement, c’est surtout se donner les meilleures chances de le réussir ! N’hésitez pas à me contacter pour en parler.

