allaitement difficile

Quand l’allaitement est difficile – Hommage

Ces quelques lignes, je les porte en moi depuis longtemps. Sans pour autant trouver l’occasion de les écrire.

Mais aujourd’hui, en pleine Semaine Mondiale de l’Allaitement Maternel, j’ai juste envie de crier haut et fort mon admiration pour ces femmes dont l’allaitement est difficile, ces femmes qui souffrent mais ne lâchent rien, ces femmes qui s’entêtent parce qu’un jour, elles veulent pouvoir allaiter le sourire aux lèvres, ces femmes qui, en plus du soutien qu’on peut leur apporter, trouvent en elles les ressources pour continuer cette formidable aventure qu’est l’allaitement.

C’est vrai que je suis une convaincue de l’allaitement, même si la pratique de l’allaitement n’est pas toujours chose aisée. Et c’est vrai aussi que je respecte la décision de celles qui choisissent de ne pas allaiter (et qui j’espère ne se froisseront pas ici…). Mais quand je vois de quel courage, de quelle ténacité ou encore de quelle endurance les mamans qui allaitent font preuve, tétée après tétée, douleur après douleur, jour après jour, l’émotion me gagne.

Je pense à celle qui n’a pas allaité ses deux premiers enfants et qui a voulu essayer pour son troisième. Ce troisième bébé qui refusait de prendre le sein. Cette maman, à l’étranger, que je ne pouvais conseiller et encourager qu’au telephone. Celle-là même qui, devant le refus catégorique de son enfant de prendre le sein, se résigne à tirer son lait et à lui donner. Dont les tirages étaient si minimes au départ mais qui ont fini par augmenter. Cette maman, qui après un mois de tire-allaitement, emmène son bébé chez un ostéopathe qui diagnostique un nerf hypoglosse coincé (nerf intervenant dans la succion et dont le rôle est moteur pour les muscles de la langue), et y remédie. Cette maman, qui folle de joie, m’envoie un message dès son retour à la maison car son bébé a enfin pris le sein pour la première fois et sans aucune difficulté. Aujourd’hui, son bébé a 2 mois et demi et elle m’écrit, en dessous d’une photo de lui qui tète avec un grand sourire:

C’est trop bon! Il commence à me regarder et à se marrer quand il tète! J’adore! Vous ne m’aviez pas prévenue qu’il y allait avoir des moments aussi magiques! Ca valait le coup de tenir. Merci de m’avoir accompagnée, rassurée et conseillée à chaque étape!

 

Je pense également à celle dont le bébé ne prenait pas assez de poids et dont l’allaitement était quasiment condamné par les différents intervenants de la petite enfance. Cette maman, torturée à l’idée que son lait ne suffisait pas à faire grossir sa petite fille. Celle-là même qui s’est entêtée à la mettre au sein un nombre incalculable de fois, à tirer son lait entre les tétées pour le donner en plus à sa fille, et qui tout doucement reprend espoir quand la courbe de poids remonte. Cette maman, dont le bébé contracte une méningite lors d’un voyage chez sa famille à l’étranger et doit être hospitalisé. Qui raconte l’histoire de son allaitement et qui m’adresse les félicitations de la consultante en lactation de l’hôpital impressionnée par l’aide que j’ai apportée à cette jeune maman et sa petite fille. Malgré les difficultés et les prévisions pessimistes et défaitistes, cette maman a continué d’allaiter et m’envoie des nouvelles régulièrement. Son dernier message en date est éloquent:

Je voulais vous dire que je pense souvent à vous. Grâce à votre soutien, j’allaite toujours ma fille qui a maintenant 21 mois! Je ne réalise pas du tout, c’est juste incroyable! Je ne pensais pas que j’apprécierai d’allaiter un bébé plus grand, mais en fait, c’est du pur bonheur! Et ce, grâce à vous…

 

Je pense aussi à cette maman qui souffre de crevasses, ou plutôt devrais-je parler de cratères (et je vous épargne les détails…) qui refusent de cicatriser, provoqués par un frein de langue (coupé depuis) et à une mâchoire complètement bloquée (et débloquée depuis) de son bébé. Elle, qui a également un réflexe d’éjection fort difficile à canaliser. Cette même maman qui a consulté une conseillère en allaitement, une sage-femme, une ostéopathe, un ORL, qui a essayé tout ce dont on dispose en matière d’aide à l’allaitement mais qui me répète, jour après jour:

Je ne lâcherai pas… Cet  allaitement (après en avoir raté deux), je vais le réussir!

 

Alors, voilà… A ces femmes parmi d’autres, dont l’allaitement est loin d’être évident (mais rassurez-vous, un allaitement peut également se dérouler de la manière la plus sereine qui soit!), j’ai envie de dire aujourd’hui combien elles sont admirables, et combien leur combat pour donner le meilleur à leur enfant a du sens.
Hommage et total respect à elles.

Un commentaire

  • Olala… Ca me rappelle des souvenirs incroyables!
    Moi non plus je n’y croyais pas/plus et finalement 2 mois après il s’est mis à téter… un pur bonheur!
    MERCI Karine.

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