bébé enroulé

Bébé enroulé, bébé apaisé

Un bébé qui s’agite, qui manifeste son inconfort, s’énerve ou pleure, c’est normal. Mais que pouvons-nous faire pour le ramener vers le calme?

Dans l’article « Mon bébé dans tous les sens » j’ai abordé la question de la sensorialité du tout-petit et expliqué que les sens étaient des points de repères de sa vie intra-utérine. J’ai ainsi montré comment un retour vers ces repères apportait réconfort et sentiment de sécurité au nourrisson.

Il existe cependant un autre critère à respecter afin de rassurer un bébé ou lui permettre de s’apaiser, et cela tient dans notre manière de le « manipuler ». Il faut être conscient que la manière de manipuler ou de porter un bébé a de véritables indications et implications physiques liées à la morphologie d’un nourrisson.

Un bébé tout juste sorti du ventre de sa mère vient de passer 9 mois dans une position très spécifique : une position d’enroulement sur lui-même, les bras et les jambes repliés et ramenés vers l’avant.

nouveau-né enroulé

A la naissance, le bébé garde cette posture d’enroulement sur lui-même. La bonne position du nouveau-né est donc dans la continuité logique de sa vie in utero.

Suzanne Robert-Ouvray, psychomotricienne, kinésithérapeute et psychologue nous explique qu’ « à la naissance, le bébé est naturellement enroulé en avant, ses bras et ses jambes sont repliés sur son tronc. Les muscles fléchisseurs de ses membres sont hypertoniques alors que ceux de son dos sont hypotoniques. Il est enroulé dans la position fœtale. C’est la posture de base de tous les êtres humains. Sur cet enroulement viendra prendre appui le redressement du tronc et la position debout. »

L’enroulement est donc un mouvement fondamental à respecter: Ainsi, et surtout pendant les trois premiers de la vie de son bébé, à chaque instant où le parent rentre en contact physique avec son enfant, le porte, le sort de son lit, lui change la couche ou encore le nourrit, il doit être attentif à préserver cet arrondi, et éviter autant que possible de mettre son bébé en extension.

En effet, ne pas respecter cette posture génère des tensions excessives et devient source de stress et de désorganisation pour le tout-petit.
Fort de cela, voyons comment appliquer cela de manière pratique, dans nos gestes quotidiens avec notre bébé :

  • Ne pas sortir un bébé de son lit en le soulevant par les aisselles : les bras sont trop raides et tendus, le reste du corps pend vers le bas et la colonne vertébrale perd son arrondi, mais plutôt l’enrouler sur lui-même avec une main sous le bassin et une main sous la nuque et utiliser la même technique pour le poser dans son lit.
  • Ne pas soulever ses jambes lorsqu’on lui change la couche, mais faire rouler son bassin sur le côté (selon certains, cette façon de faire contribuerait également à éviter les coliques, car elle empêche une compression de certains nerfs situés au dessus du bassin et liés à la digestion.
  • Ne pas coucher un bébé sur le ventre (sauf indication particulière). En position ventrale, le bébé cherche à lever sa tête et se cambre dans une posture qui ne lui convient pas (tant qu’il ne sait pas se retourner de lui-même sur le ventre).

Pour en revenir à cette fameuse posture et conclure, nous comprenons maintenant pourquoi l’enroulement fait partie des stratégies d’apaisement d’un bébé. (En portage physiologique, on respecte également cet enroulement. Cela fera d’ailleurs l’objet d’un prochain article…)

Tout ce qui tend à rappeler à notre bébé la sécurité de l’enveloppe maternelle (contact, communication par les sens, être contenu ou maintenu, et bien entendu regroupement et enroulement) permet de le calmer et de le réconforter.

Lorsque notre bébé est nerveux, tendu, se cambre, tend ses bras ou ses jambes ou encore rejette sa tête en arrière, la première des choses à faire est de le recentrer sur lui-même. Le regrouper en ramenant vers l’avant ses membres extérieurs. Notre bébé se calmera aussitôt. Il pourra accrocher notre regard et sera réceptif à notre voix, nous permettant ainsi de le calmer complètement.

C’est vrai que nous, parents, ne sommes pas forcément conscients de l’importance du sujet, et qu’il va nous falloir revoir notre manière de manipuler notre enfant, mais le jeu en vaut largement la chandelle !

Alors, faisons tous un effort et changeons, autant que possible, nos façons de faire afin de respecter leur morphologie et leur apporter au passage des sensations positives de sécurité et de bien-être !

Pour aller plus loin:
Le holding psychomoteur par Suzanne Robert-Ouvray.

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